Djibouti inscrit sa première Réserve de Biosphère à l’UNESCO : un tournant historique Pour la première fois de son histoire, Djibouti rejoint la carte mondiale des nations reconnues pour la richesse et la diversité exceptionnelles de leur patrimoine naturel. Le 27 septembre 2025, lors de la 37ème session du Conseil International de Coordination du programme « L’Homme et la Biosphère » (MAB) de l’UNESCO, la réserve biosphère des îles des Sept Frères, Ras Siyan, Khor Angar et Godoria a été officiellement inscrite, marquant une victoire nationale et ouvrant une nouvelle ère pour Obock et tout le pays.

Un trésor écologique et culturel d’importance mondiale

Mangroves de Godoria, Djibouti
Située à la jonction de la mer Rouge et de l’océan Indien, la réserve regroupe des milieux variés : mangroves, récifs coralliens, zones sableuses et eaux pélagiques. Véritable sanctuaire pour le requin-baleine et des mammifères marins menacés, elle constitue également l’un des principaux corridors mondiaux pour la migration des rapaces, attirant chaque année entre 85 000 et 245 000 oiseaux. Djibouti s’impose ainsi comme un haut lieu mondial pour l’ornithologie et la biodiversité.

Une gouvernance durable, héritée des traditions locales Le cœur de cette réussite se trouve dans l’engagement de la communauté d’Obock. Leurs pratiques coutumières — comme l’interdiction de la coupe abusive de bois ou de la chasse sauvage — ont permis la préservation des écosystèmes depuis des générations. Cette reconnaissance internationale consacre également l’harmonie séculaire entre l’homme et la nature dans la région, où le savoir traditionnel devient un véritable levier de conservation durable.

Ras Siyan, où la mer Rouge rencontre le golfe d’Aden
Un laboratoire vivant pour la recherche et l’innovation Bien plus qu’une zone protégée, la réserve est désormais un laboratoire scientifique à ciel ouvert. Chercheurs et étudiants pourront y approfondir la taxonomie, la gestion des ressources marines, et l’adaptation aux changements climatiques en valorisant les savoirs ancestraux. Les autorités encouragent la jeunesse djiboutienne à participer à la recherche appliquée, moteur pour des politiques publiques fondées sur la science. Le ministère du Développement durable ambitionne aussi de faire de cette réserve un pôle pilote pour l’écotourisme et la pêche responsable, moteurs d’un développement économique harmonieux pour Obock.
Lagune de Khor Angar, écosystème côtier
Djibouti intègre un réseau mondial d’excellence Cette distinction s’inscrit dans une dynamique internationale de conservation : en 2025, l’UNESCO a inscrit 26 nouvelles réserves de biosphère, portant leur nombre à 785 dans 142 pays, sur plus de 8 millions de km². Djibouti fait désormais partie de ce réseau engagé pour la protection de la nature, du patrimoine et de la résilience environnementale à l’échelle planétaire.